Histoire de Brodeuses

Pour Francine Nicolle, tout a commencé par une recherche sur les étoffes. Voilà comment cette jeune retraitée calvissonnaise  a découvert le boutis. Ce fut un coup de foudre instantané, elle se souvient alors des conversations de sa grand-mère et des anciens autour de ces ouvrages  qui constituent comme une mémoire du Midi, cousue à petits points…

En 1993, Francine Nicolle crée l’association « Les Cordelles – Boutis en Vaunage » , devient une présidente très active et défend inlassablement ce patrimoine.

Des doigts de fées qui racontent la ruralité

Depuis bien longtemps, dans nos campagnes, les femmes brodaient pour raconter leur vie au travers d’un ouvrage appelé BOUTIS. La tête baissée, tirant l’aiguille pendant des heures à la maison ou aux champs, ces femmes brodeuses dévoilaient ainsi leur intimité, leurs sentiments et leurs espérances en les faisant apparaître sur leurs trousseaux, comme des témoins des événements essentiels de la vie : naissance, mariage, mort.
Par ces symboles, le boutis a du sens, il est unique.  Les motifs du boutis parlent de la fertilité,  du mariage, de l’amour, des vendanges, des moissons et des mauvaises récoltes mais aussi de la religion.  Le chantier dans lequel elles se lançaient était immense. Il a fallu tant de patience à ces petites mains magiques pour broder en relief tous ces chefs d’œuvre aujourd’hui retrouvés grâce Francine Nicolle. Le musée du boutis possède en effet une importante collection de boutis anciens des XVIIIe et XIXe siècles.  Il est le premier « musée » à mettre en valeur les techniques de piquage de Basse Occitanie.

Aujourd’hui, en compagnie de Francine,  des dames passionnées reproduisent des pièces uniques. Un travail de broderie en relief, très minutieux et composé d’ornements, mascarons, fruits ou fleurs… Ces travailleuses aux doigts d’or se sont données pour défi de refaire à l’identique des motifs très anciens, comme le Tristan Quilt.
Sur tous les boutis, des motifs sobres ou au contraire très sophistiqués s’accompagnent d’une symbolique particulière à chaque siècle et spécifique à la Basse Occitanie. Pour accéder à la maîtrise de cet art,  des stages sont organisés tout au long de l’année et les stagiaires viennent du monde entier. Il faut dire que Madame Nicolle est maître d’art de cette discipline !

Pour s’initier à cet art, il n’est pas nécessaire de savoir coudre à la machine, celle-ci n’est jamais utilisée. Depuis des siècles, la broderie au boutis se pratique uniquement à la main. Pour créer à votre tour des petits chefs d’œuvre, il vous faut juste de la passion, de la motivation et un peu de patience…. (stages à partir de 6 ans)

Le boutis, un patrimoine unique à valoriser

Perpétuer cet art du Languedoc et de la Provence : un défi pour les passionnés et les adhérents à l’association.   De tradition médiévale, l’art de la « Broderie en Bosses » a été pratiqué par les plus grands brodeurs attachés auprès des « Maisons Royales » et des « Manufactures » produisant des pièces de luxe sur commande. Les dessinateurs les plus talentueux créaient des maquettes d’un équilibre remarquable. Les motifs puisés dans les arts décoratifs en vogue s’inspiraient des légendes, des évènements historiques, car la toile servait d’écriture, mais aussi de la flore, des motifs d’indienne (tissus venus des Indes ou reproduits « à la mode des Indes »

En 2019, le boutis ou broderie de Marseille est entré au Patrimoine culturel immatériel français.

9 place du Général de Gaulle

30420 Calvisson

T/(0)466016375

 

 

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